Culture

La culture indienne est le résultat de traditions qui ont combiné des éléments hétérogènes de civilisations présentes sur le territoire à la suite d'invasions, de mouvements migratoires et de colonisation qui ont marqué le pays à un moment ou à un autre de son histoire.

Langues

Carte des langues
 

La constitution indienne reconnaît 23 langues officielles. Il existe aussi beaucoup d'autres langues régionales ainsi qu'un grand nombre de dialectes, soit près de 4 000 langues différentes. Les langues indiennes n'utilisent pas l'alphabet latin mais différents alphasyllabaires, dérivés du Brahmi.

Le hindi est la langue officielle de la République d'Inde et la principale langue du nord de l'Inde. Avec ses différents dialectes, il est parlé par 422 millions d'Indiens, soit environ 41 % de la population.

L'anglais est également reconnu comme langue officielle. Il a été pendant longtemps la langue parlée couramment par l'élite et la haute bourgeoisie indienne et est aujourd'hui pratiqué en tant que langue véhiculaire par une partie de la population, avec une grande variété d'accents selon la région ou la classe sociale, ainsi que par un certain nombre d'écrivains indiens de renommée internationale. 10 % des Indiens parlent l'anglais, ce qui fait tout de même plus de 125 millions de locuteurs en seconde langue. En revanche, l'anglais n'est la langue maternelle que de 300 000 à 400 000 Indiens, souvent d'ascendances britanniques. On trouve des anglophones surtout en milieux urbains, mais l'anglais est relativement présent presque partout sur le territoire, sauf quelques rares régions isolées.

Langues régionales

La Constitution reconnait en plus du hindi 21 langues et donne la possibilité aux États et territoires de l'Inde de choisir leur(s) langue(s) officielle(s) :

  1. assamais (langue officielle de l’Assam)
  2. bengali (langue officielle du Tripura et du Bengale occidental, voir États indiens par locuteurs bengali)
  3. bodo (langue officielle de l’Assam)
  4. dogri (langue officielle du Jammu-et-Cachemire)
  5. gujarati (langue officielle de Dadra and Nagar Haveli, de Daman and Diu et du Gujarat)
  6. hindi (langue officielle des îles Andaman et Nicobar, du Bihar, Chandigarh, Chhattisgarh, Delhi, Haryana, Himachal Pradesh, Jharkhand, Madhya Pradesh, Rajasthan, Uttar Pradeshet Uttarakhand)
  7. kannada (langue officielle du Karnataka)
  8. Cachemiri (Jammu-et-Cachemire)
  9. konkani (langue officielle de Goa)
  10. maïthili (langue officielle du Bihar)
  11. malayalam (langue officielle du Kerala, des îles Laquedives et de Mahé dans le territoire de Pondichéry)
  12. meitei (langue officielle du Manipur)
  13. marathi (langue officielle du Maharashtra)
  14. népalais (langue officielle du Sikkim)
  15. oriya (langue officielle de l’Odisha)
  16. ourdou (langue officielle du Jammu-et-Cachemire, de l'Andhra Pradesh et de l'Uttar Pradesh)
  17. penjabi (langue officielle du Pendjab)
  18. sanskrit
  19. santali
  20. sindhi
  21. tamoul (langue officielle du Tamil Nadu, de Pondichéry et Karaikal dans le territoire de Pondichéry et des îles Andaman et Nicobar)
  22. télougou (langue officielle de l'Andhra Pradesh et de Yanam dans le territoire de Pondichéry)

Autres Langues

Certaines langues indiennes ne disposent d'aucun statut officiel. Certaines sont parlées par plus de cinq millions de locuteurs :

  1. awadhi (souvent considéré comme une variante du hindi)
  2. bhili (langue des tribus aborigènes Bhil)
  3. bhojpuri (langue du Bihar, souvent considéré comme une variante du hindi)
  4. bundeli (souvent considéré comme une variante du hindi)
  5. chhattisgarhi (langue du Chhattisgarh, souvent considéré comme une variante du hindi)
  6. gondî (langue des tribus aborigènes Gond)
  7. haryanvi (langue de l'Haryana, souvent considéré comme une variante du hindi)
  8. kanauji (langue de l'Uttar Pradesh, souvent considéré comme une variante du hindi, région de Kanauj)
  9. kutchi (langue du Koutch)
  10. magahi (langue du Bihar du sud, souvent considéré comme une variante du hindi)
  11. marwari (langue du Rajasthan, parlé par une partie de la population, les "marwari", souvent considéré comme une variante du hindi)
  12. tulu (parlé par le peuple Tule du Karnataka et du Kerala).
  13. L'hindoustani est le terme qui regroupe le hindi et l'ourdou. Le hindi est écrit au moyen de la devanagari et son vocabulaire est influencé par le sanskrit alors que l'ourdou utilise l'alphabet arabe et un vocabulaire dérivé du persan. Cependant, à l'oral ces deux langues sont toujours intelligibles.

    Le français qui est une langue officielle du territoire de Pondichéry, n'a pas de statut officiel au niveau du Gouvernement central. C'est la seule langue allogène qui ait un statut officiel en dehors de l'anglais. Cependant, depuis la fin des années 1950, l'Anglais à supplanté le Français à Pondichéry, ou le Français à moins de 2000 locuteurs, surtout en seconde langue, en 2013. Le portugais, langue administrative de Goa lors de la colonisation portugaise, n'y dispose plus de statut officiel depuis 1987. Cependant, il y conserve entre 25 000 et 30 000 locuteurs, dont une partie est constituée de Créoles.

Quelques notions de la langue Hindi ici...

Musique et danse

La musique indienne est très diversifiée. La musique classique compte principalement les traditions hindoustanies du Nord et carnatiques du Sud.

La musique populaire est généralement régionale. Elle inclue de très nombreuses musiques de film (dont par exemple A.R. Rahman auteur et compositeur) et de la musique folklorique comme le Bhangra.

Les danses sont également variées, selon les régions et les communautés. Parmi les danses classiques les plus connues : le bharata natyam, le kathakali, le kathak (qui partage ses racines avec le flamenco d'Espagne), le kuchipudi, le manipuri, l'odissi et le yakshagana. Ces danses sont habituellement imprégnées par des éléments religieux et de dévotion.

Instruments de musique Indiens...

 

Littératures

La tradition littéraire la plus ancienne, le Véda, fut composée et transmise oralement. La littérature religieuse hindoue écrite en sanskrit, tels que le Ramayana, le Mahabharata ou les Purana, tient une grande place dans la culture indienne, et donne lieu à des réminiscences et des adaptations jusque dans les œuvres contemporaines de fiction, de théâtre ou de cinéma. Une autre littérature importante de la période est la « Littérature du Sangam » de langue tamoule produite dans le Tamil Nadu, également très ancienne. Le sanskrit comme le tamoul classique sont des langues savantes qui ne sont accessibles qu'à un groupe très restreint d'individus cultivés. Les littératures en langue vernaculaire (telle que l'hindi, bengali ou ourdou par exemple) se développent quant à elles à partir du Xe siècle. Les textes sont en vers ou en prose, d'essence religieuse et bien souvent inspirés de légendes anciennes ou d'épopées.

Sous l'influence de la colonisation britannique, les auteurs indiens de l'ère moderne, dont le bengali Rabindranath Tagore, écrivent en anglais comme dans leur langue maternelle.

À partir du XXe siècle et à l'époque contemporaine, beaucoup d'écrivains, dont certains jouissent d'une audience internationale (Salman Rushdie, Anita Desai, Amitav Ghosh, Vikram Seth, Arundhati Roy, Vijay Singh, Tarun Tejpal, Rohinton Mistry, etc.) ont contribué au développement d'une fiction indienne de langue anglaise en rupture avec la narration classique caractérisant leurs prédécesseurs (et notamment R.K. Narayan, considéré comme l'un des pères du roman indien écrit en anglais). Leurs œuvres portent l'empreinte du courant postcolonialiste, où les thèmes de l'identité nationale, de l'histoire, de la réflexion sur l'oppression coloniale s'allient à une interrogation sur ce qui fonde l'identité de l'individu, sur la difficulté à vivre la rupture entre la tradition et la modernité, sur le conflit des cultures et des influences qui se joue dans la conscience de l'homme de l'Inde indépendante. Cette recherche d'identité passe par le recours à la langue anglaise, langue du colonisateur réinventée et réappropriée, qui témoigne par ailleurs de la volonté de créer un langage et une esthétique propre, et par là même de s'exprimer en dépassant la difficulté de se dire avec des mots « venus d'ailleurs », suivant l'expression de R.K. Narayan. Auteur de fiction, de poèmes et d'essais littéraires, dont plusieurs ont obtenu des prix internationaux, Amit Chaudhuri occupe également un rang notable dans la toute jeune génération de la littérature anglo-indienne. Dans un registre intimiste, il s'attache à la description des mutations de la famille et à une réflexion sur la conjugalité dans les foyers de la classe moyenne émergente. De même, Hari Kunzru  a récemment publié une épopée comique sur le thème de la recherche de l'identité, illustrant le surgissement de tendances individualistes qui semble à l'œuvre dans cette même classe moyenne résidant dans les métropoles indiennes. On peut enfin citer Kiran Desai qui a remporté le Man Booker Price en 2006 avec un récit illustrant la tension vécue par la génération actuelle, entre héritage familial et aspirations individuelles.

Le postcolonialisme, mouvement littéraire de grande ampleur qui a touché à la fois les pays du sud et l'Occident, en amorçant un détachement des formes élitistes, a également favorisé en Inde l'expression littéraire de groupes minoritaires qui traditionnellement se voyaient dénier la capacité de produire des œuvres culturelles. Ainsi des écrivains, dramaturges et poètes dalits (ou « hommes brisés » en marathi, nom que se sont donné les individus originaires des castes intouchables pour contester leur statut social issu de leur position hiérarchique dans la société hindoue) ont également ébranlé les formes littéraires classiques, par l'usage d'un langage inhabituellement concret, voire cru, pour décrire leur condition d'opprimés, contribuant ainsi au renouvellement des thèmes et des formes de la littérature nationale.

Cinéma

Bollywood est la plus grande industrie cinématographique du monde.
 

L'industrie cinématographique indienne est la plus prolifique du monde. Son fleuron est constitué par la production de Bollywood (mot valise dérivée de Bombay, l'ancien nom de Mumbai, et Hollywood), dont les studios sont situés dans la capitale du Maharashtra, et qui réalisent principalement des films commerciaux en hindi. L'industrie est également importante dans la région de Kolkata, de Chennai, et au Kérala. Il existe ainsi une production non négligeable de films en telugu, kannada, malayalam, tamoul, penjabi, bengali ou marathi. Le cinéma est un art et une distraction particulièrement populaire en Inde. Les acteurs les plus connus jouissent ainsi d'un grand prestige et les liens entre l'industrie du film et la politique sont parfois très étroits. Ainsi, certains acteurs ont occupé des postes gouvernementaux importants, comme M. G. Ramachandran, acteur tamoul populaire devenu ministre en chef du Tamil Nadu.

En marge de cette production de masse parfois très stéréotypée, il existe également un cinéma d'auteur, dont le représentant le plus connu hors des frontières de l'Inde est le bengali Satyajit Ray. On peut également citer parmi les réalisateurs classiques Guru Dutt, Raj Kapoor (également acteur), Adoor Gopalakrishnan et Yash Chopra pour ses grands succès.

Parmi les réalisateurs indiens contemporains ayant connu le succès, Mira Nair, figure de proue du cinéma indien indépendant, a récemment obtenu plusieurs récompenses internationales, dont un Lion d'or à Venise en 2001 ; ses films sont travaillés par les thèmes de l'exil et de la fracture entre les générations, ou aussi par ceux de la sexualité féminine et de sa censure. Citons également Shyam Benegal, Deepa Mehta, Sudhir Mishra (en) ou encore Vijay Singh, cinéaste indien vivant à Paris, dont les films touchent à la fois à l'Inde et à la France. Sur un mode plus léger, Karan Johar, issu d'une famille de réalisateurs de Bollywood, possède sa propre société de production et tente de renouveler les codes du genre en introduisant des thèmes de réflexion sur les mœurs familiales en mutation dans ses intrigues par ailleurs très représentatives du cinéma commercial produit à Mumbai.

Alimentation

La cuisine indienne : le curry.
 

La cuisine indienne est extrêmement diversifiée selon les régions, les communautés, les religions ou les familles, et inclut de nombreuses épices souvent moulues et mélangées dans des assortiments appelés masalas (ou curry en anglais ou en français, curry à l'origine signifiant « sauce » en hindi) : tandoori masala de la cuisine islamique moghole, rasam masala de la cuisine du sud de l'Inde, garam masala de la cuisine du nord de l'Inde, etc. Les épices et les méthodes changent de région en région. Le riz, les lentilles et le blé sont la base alimentaire de la nation indienne. On consomme en Inde également 2,6 millions de tonnes par an de bœuf, 1,4 million de tonnes de porc et 600 000 tonnes de mouton. Le pays est connu pour sa grande variété de cuisines végétariennes (l'Inde a le plus grand pourcentage de végétariens dans le monde) et non-végétariennes. La nourriture et les bonbons épicés sont populaires. Il existe également une grande variété de plats sucrés et de boissons qui varient de région en région.

Recettes indiennes ici...

Sport

Si le sport national est le hockey sur gazon, c'est le cricket qui, en Inde, est élevé au rang de véritable passion nationale. L'équipe indienne joue au plus haut niveau international, et certains joueurs, tel Sachin Tendulkar, sont extrêmement populaires dans tout le pays et au-delà. Certains matches sont suivis avec ferveur par tout le pays, notamment les rencontres entre l'Inde et son voisin le Pakistan, ou les confrontations de la sélection nationale avec l'Angleterre.

Dans quelques États, en particulier dans le nord-est et les États côtiers du Bengale-Occidental, de Goa et du Kérala, le football — dont le berceau en Inde est la ville de Kolkata — est largement répandu. Le Championnat d'Inde de football existe depuis 1996. Récemment, le tennis a gagné en popularité, en particulier grâce à la joueuse professionnelle Sania Mirza. L'Inde est par ailleurs présente dans le monde de la course automobile avec les pilotes de F1 comme Karun Chandhok ou Narain Karthikeyan au volant de l'ex Jordan qui aujourd'hui se nomme « Force India », constructeur détenu par le milliardaire indien Vijay Mallya. On peut enfin citer le catcheur Great Khali.

Le jeu d'échecs, réputé originaire de l'Inde, progresse également du fait de l'augmentation du nombre de grands maîtres indiens, à commencer par Viswanathan Anand, régulièrement classé numéro un mondial et sacré champion du monde le 29 septembre 2007 à Mexico, qui conservera son titre en 2008, 2010 et 2012, avant de s'incliner devant Magnus Carlsen en 2013. Les autres sports traditionnels comprennent le Kabaddi, le Kho-Kho, et le Gilli-Danda, qui sont joués dans tout le pays. L'Inde est la source de la discipline historique et religieuse du yoga, et également de l'art martial antique, le Kalarippayatt.

Source WIKIPEDIA